Gestion des émotions et de la confiance dans une équipe de rugby U12
Sujet abordé lors de la keynote d'ouverture, j'ai connecté avec la dernière journée de tournoi avec mon équipe. Partage de comment on a essayé de gérer la confiance et les émotions d'une équipe d'enfants.
Lors de la keynote du jeudi 12 juin, premier jour de l'agile tour Toulouse, l'orateur a notamment évoqué que "l'optimisme est un muscle qui s'entretient" et il proposait pour cela 4 actions :
- Anticiper les émotions pour pouvoir les contrôler.
- Réapprendre à analyser ces échecs.
- Visualiser sa réussite future : développer l'aspiration.
- Profiter de l'instant présent : dédramatiser et relativiser les évènements.
Un des participants a demandé si "anticiper les émotions" était si bien que cela. Je ne me rappelle plus de ses mots exacts mais ils m'ont donné l'idée et l'envie de partager mon rôle d'éducateur d'une équipe U12 de rugby.
Le début de la discussion démarre par le partage de ma dernière journée de Tournoi de l'équipe de rugbymen de 10 et 11 ans.
Lors du weekend de la Pentecôte, l'ensemble de l'école de rugby de mon club parisien s'est déplacé en Bretagne. 9h de bus le samedi. 9h le lundi. Et tournoi le dimanche.
Pendant cette journée où les matchs démarrent à 9h30 et se termine à 17h, ils joueront 6 matches de 12 minutes. 72 minutes sur 7h30.
Notre rôle, dans ces journées, en tant qu'éducateur, est évidemment d'encadrer le groupe, d'animer les échauffements, d'opérer les changements... Il est aussi de gérer les émotions de chacun.
Disputer 6 matches signifie 6 préparations de match avec discours pour visualiser la victoire et générer les bonnes images et les bonnes émotions. C'est aussi 6 fins de match où les émotions peuvent être vivent.
Avant le premier match, je rappelle aux joueurs le but de la journée : on va gagner, on n'a pas fait 9h de bus pour perdre.
Ainsi que 3 ingrédients, 3 principes :
- on fait tomber (sur les placages)
- on avance
- ET on reste ensemble (dit autrement on reste soudé et ce quoi qu'il arrive)
Le premier match de l'équipe se passe très bien : 12 minutes, 12 - 0.
L'enjeu de cette fin de match est multiple : ne pas se sentir trop beau, ne pas se sentir arrivé, profiter de ce moment et ancrer les émotions du moment (pour affronter les cas de forte houle, de fortes émotions).
La gestion des émotions commence donc par profiter de l'émotion générée par le 12 - 0 et par essayer de l'ancrer pour essayer d'y revenir plus tard.
C'est aussi l'occasion inconsciente de ma part pour les préparer à la suite.
Nous perdons le 2e match 2 - 4. Là, c'est clairement plus compliqué à gérer pour eux. Pour tout un tas de raisons. Mon collègue et moi les laissons vivre ces émotions désagréables. Pourquoi les étouffer, les renier ?
Quelques minutes, nous réunissons les groupe en leur rappelant les émotions suite au premier. Nous sentons l'apaisement, ils comprennent ce que "forte houle" signifie.
Que le match à venir n'est pas synonyme d'émotions désagréables et peut générer les émotions ressenties suite au premier.
Le 3 match se solde par une victoire et ils revivent les émotions du premier. Fin de la matinée.
L'après-midi, nous gagnons notre premier. Bienvenue en demie.
La défaite en demie est très dure. On se raccroche aux émotions des victoires, on rappelle "on reste ensemble" avant d'aller en petite finale.
Ils finiront 4e après avoir mené 2-0.
Suite à cette discussion, je réalise que j'ai été très excité la veille du tournoi, que j'ai sans doute vécu, du point de vue des émotions, mon tournoi un jour avant. Cela m'a sans doute aidé à avoir la tête froide et les pieds bien ancrés pour les aider à affronter leurs émotions.
Suite à cette discussion, j'ai eu plusieurs questions :
Comment tu gères les changements ? Les rôles entre éducs ? L'intégration des joueurs dans le groupe ? Comment tu gères l'optimisme avant et après le match avec des vestiaires séparés ? L'arrivée de nouveaux arrivant.es ? Comment tu gères les parents pendant les matches ? Et les parents qui mettent une pression sur la performance ? Et si tu perds le premier match ? Comment peut se matérialiser l'ancrage ?